- Autour de 18 mois, ce sont surtout la communication sans les mots (regard, gestes, partage d’attention, imitation) et l’intérêt pour les autres qui peuvent alerter.
- Un signe isolé ne suffit pas : c’est un ensemble de signes qui dure dans le temps qui justifie une évaluation.
- Une perte de compétences déjà acquises (mots, sourires, jeux d’échange), à tout âge, doit amener à consulter rapidement.
- Le premier interlocuteur est le médecin traitant, le pédiatre ou la PMI, qui vérifie aussi l’audition et oriente si besoin vers une équipe spécialisée.
- Agir tôt permet de mettre en place un accompagnement adapté sans attendre la fin du bilan.
Vers un an et demi, beaucoup de parents comparent leur enfant à ceux de leur entourage et se posent des questions : il parle peu, il ne montre rien du doigt, il semble vivre dans sa bulle… Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est un trouble du neurodéveloppement, et ses signes varient beaucoup d’un enfant à l’autre. Cet article ne sert pas à poser un diagnostic, mais à vous aider à observer votre enfant avec des repères fiables, à savoir quand demander un avis et à comprendre les démarches possibles. Si vous cherchez plutôt les signes qui peuvent apparaître dans les tout premiers mois, consultez notre article sur les signes de l’autisme chez un bébé.
Pourquoi l’âge de 18 mois est-il un moment clé pour repérer l’autisme ?
Entre un et deux ans, l’enfant entre davantage dans l’échange : il cherche votre regard, vous montre ce qui l’intéresse, imite vos gestes. Ce sont justement les compétences qui peuvent se mettre en place différemment chez un enfant avec un TSA.
Le carnet de santé contient des repères de développement pour chaque âge. Le site public 1000-premiers-jours.fr rappelle qu’ils décrivent des capacités moyennes et que chaque enfant se développe à son propre rythme. Un repère non atteint est un point à évoquer avec le médecin, pas un diagnostic. Pour situer les grandes acquisitions, vous pouvez vous appuyer sur notre guide des étapes du développement de bébé, de la naissance à 3 ans.
Quels signes observer chez un enfant de 18 mois ?
Les signes qui interpellent concernent trois domaines. Ils ne prennent du sens que s’ils sont nombreux, persistants et observés dans différentes situations (maison, assistante maternelle, crèche).
Communication et partage d’attention
- L’enfant utilise peu les gestes pour communiquer : il ne montre pas du doigt, fait rarement « au revoir » ou « bravo ».
- Il ne cherche pas à attirer votre attention sur un objet ou un événement qui l’intéresse, simplement pour le partager avec vous.
- Il réagit peu quand on l’appelle par son prénom, alors qu’il réagit à d’autres bruits.
- Il babille peu ou utilise peu de mots pour échanger.
Interactions sociales
- Le contact visuel est rare, fugace ou difficile à maintenir.
- Il imite peu les mimiques, les gestes ou les jeux de l’adulte.
- Il s’intéresse peu aux jeux d’échange comme « coucou, caché ! » et semble préférer jouer seul la plupart du temps.
- Il partage rarement ses émotions : peu de sourires en réponse, peu de recherche de réconfort ou de câlins.
Comportements et intérêts
- Des gestes répétitifs (battements de mains, balancements, tournoiements) qui prennent beaucoup de place.
- Un intérêt très fort et exclusif pour certains objets ou certaines parties d’objets (roues, lumières, portes).
- Un besoin intense que tout se passe toujours de la même façon, avec de grosses difficultés au moindre changement.
- Des réactions sensorielles inhabituelles : forte gêne face à certains bruits ou textures, ou au contraire peu de réaction à la douleur.
Quels repères du carnet de santé peuvent vous aider ?
Le tableau ci-dessous reprend quelques repères cités par 1000-premiers-jours.fr à partir du carnet de santé. Ils ne sont pas des seuils à surveiller au jour près : ils servent à alimenter la discussion avec le médecin. Notre guide sur le développement du langage de bébé, des gazouillis aux premières phrases détaille aussi la manière dont la communication se construit.
| Âge indicatif | Repère cité dans le carnet de santé | Ce qui peut interroger s’il reste absent longtemps |
|---|---|---|
| Vers 11 mois | Exprime ses émotions, comprend certaines phrases simples, aime vous imiter (bravo, au revoir…) | Peu d’imitation, peu de réactions aux mots familiers |
| Vers 12 mois | Reconnaît mieux les visages, fait des câlins, des bisous, des sourires | Peu de sourires partagés, peu de recherche de contact |
| Vers 16-18 mois | Aime attirer l’attention, aime qu’on lui raconte des histoires | Ne cherche pas à attirer votre attention, peu d’intérêt pour l’échange |
| Vers 23-24 mois | Utilise son index pour désigner quelqu’un ou quelque chose, vous imite dans la vie quotidienne | Ne pointe pas, n’imite pas les gestes du quotidien |
Une règle s’applique quel que soit l’âge : si votre enfant perd des compétences qu’il avait acquises (il disait quelques mots et ne les dit plus, il ne sourit plus, il ne joue plus aux jeux d’échange), consultez rapidement.
Est-ce forcément de l’autisme ? Les autres explications possibles
Non. Plusieurs situations peuvent ressembler à certains signes d’autisme ou s’y associer, d’où l’intérêt d’un examen médical complet :
- Un trouble de l’audition : un enfant qui entend mal réagit peu à son prénom et parle peu. Le médecin peut demander un contrôle de l’audition.
- Un décalage du langage isolé, sans difficulté dans les échanges non verbaux : l’enfant pointe, regarde, imite, mais parle tard. Notre article sur les premiers mots de bébé aide à situer cette étape.
- Un autre trouble du neurodéveloppement ou un retard global, que seul un bilan peut préciser.
- La prématurité : pour un enfant né prématurément, les repères s’apprécient en tenant compte de son âge corrigé, selon les indications de l’équipe qui le suit.
À l’inverse, un enfant calme, timide ou qui aime ses routines n’est pas pour autant autiste.
Que faire si vous avez un doute ?
Le site 1000-premiers-jours.fr le rappelle : si vous avez l’impression que votre enfant est « en retard », que vous avez du mal à établir un contact avec lui ou que vous êtes inquiet pour son développement, parlez-en au centre de PMI ou au médecin. Voici les étapes habituelles :
- Notez vos observations sur quelques semaines : situations, fréquence, exemples précis. Une courte vidéo du quotidien peut aussi aider le médecin.
- Prenez rendez-vous avec le médecin traitant, le pédiatre ou la PMI, sans attendre le prochain examen obligatoire. Emportez le carnet de santé.
- Suivez l’orientation proposée : selon la situation, le médecin peut demander des examens (audition notamment) et orienter vers une équipe spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement, par exemple un centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) ou une plateforme de coordination et d’orientation.
- Commencez l’accompagnement proposé (orthophonie, psychomotricité, guidance parentale…) sans forcément attendre la fin du diagnostic.
Pour vous informer, la campagne Handicap Agir Tôt, portée par l’ANECAMSP, propose des vidéos et des conseils sur les troubles du développement du jeune enfant.
Pourquoi intervenir tôt change-t-il les choses ?
L’Assurance maladie souligne que le repérage des symptômes et le diagnostic précoce permettent d’envisager une prise en charge médicale et éducative adaptée. L’objectif n’est pas de « corriger » l’enfant, mais de l’aider à développer ses moyens de communication, ses interactions et son autonomie, en s’appuyant sur ses points forts.
L’accompagnement est construit au cas par cas avec l’équipe qui suit l’enfant et implique largement les parents, qui apprennent à soutenir la communication au quotidien : se placer à hauteur de l’enfant, suivre ses centres d’intérêt, utiliser des gestes et des images. Méfiez-vous des méthodes qui promettent une « guérison » ou exigent des régimes, compléments ou traitements non recommandés par le médecin.
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Questions fréquentes
Un enfant qui ne parle pas à 18 mois est-il forcément autiste ?
Non. Le langage se développe à des rythmes très variables, et un retard de parole peut avoir d’autres causes, comme un trouble de l’audition. Ce qui compte, c’est l’ensemble de la communication : un enfant qui pointe, regarde, imite et cherche l’échange sans parler encore n’a pas le même profil qu’un enfant qui communique peu de toutes les façons. Parlez-en à votre médecin pour faire le point.
Mon enfant ne pointe pas du doigt : dois-je m’inquiéter ?
Le pointage est un repère de communication important, cité dans le carnet de santé. S’il reste absent et s’associe à d’autres signes (peu de regard, peu de réponse au prénom, peu d’imitation), il est utile de demander un avis médical. Pris isolément, il ne suffit pas à conclure.
À qui s’adresser en premier en cas de doute sur un autisme ?
Le premier interlocuteur est le médecin traitant, le pédiatre ou la PMI. Ils examinent l’enfant, vérifient notamment l’audition et orientent si besoin vers une équipe spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement. Vous n’avez pas besoin d’attendre un examen obligatoire pour consulter.
Un enfant qui perd des mots qu’il savait dire, est-ce grave ?
Une perte de compétences acquises (mots, sourires, jeux d’échange) doit toujours amener à consulter rapidement, quel que soit l’âge. Elle ne signifie pas forcément un autisme, mais elle nécessite un examen médical pour en comprendre la cause.
Faut-il attendre le diagnostic pour commencer un accompagnement ?
Non. Lorsque des difficultés de développement sont repérées, des prises en charge comme l’orthophonie ou la psychomotricité peuvent débuter pendant que le bilan se poursuit. Le médecin et l’équipe qui suit votre enfant vous indiquent ce qui est adapté à sa situation.
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