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La santé de bébé

Autisme chez le bébé : les signes à repérer et qui consulter

Bon à savoir — Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis de votre médecin, pédiatre, sage-femme ou de la PMI. Aucun signe isolé ne permet de conclure à un autisme : seul un professionnel peut évaluer le développement de votre enfant et, si nécessaire, l’orienter vers un bilan.
En bref

  • Les signes d’autisme chez le tout-petit concernent surtout la communication et les interactions sociales : regard, sourire partagé, réponse au prénom, babillage, pointage, gestes.
  • C’est l’association de plusieurs signes, qui persistent, qui doit alerter, pas un comportement isolé ni un « jour sans ».
  • La perte d’une compétence acquise (mots, sourires, échanges), à tout âge, justifie de consulter rapidement.
  • L’inquiétude des parents est en elle-même un motif valable pour en parler au médecin : n’attendez pas d’avoir une certitude.
  • Le premier interlocuteur est le médecin traitant, le pédiatre ou la PMI, qui peut orienter vers un bilan et une intervention précoce.

« Il ne me regarde pas beaucoup », « elle ne réagit pas quand on l’appelle » : de nombreux parents se demandent un jour si certains comportements de leur bébé pourraient évoquer un autisme. Le repérage précoce est utile, car un accompagnement adapté commencé tôt aide l’enfant à développer sa communication. Mais chez un bébé, les signes sont discrets et beaucoup peuvent avoir d’autres explications. Cet article décrit ce qu’il est utile d’observer avant 2 ans, ce qui doit amener à consulter et comment se déroule le parcours de repérage.

Qu’est-ce que l’autisme et peut-on le repérer chez un bébé ?

On parle aujourd’hui de trouble du spectre de l’autisme (TSA). C’est un trouble du neurodéveloppement qui associe des difficultés dans la communication et les interactions sociales, et des comportements, intérêts ou activités restreints et répétitifs, parfois avec des particularités sensorielles. Le mot « spectre » traduit la grande diversité des situations, d’un enfant à l’autre. Les anciennes catégories, comme le syndrome d’Asperger, sont désormais regroupées sous ce terme ; le syndrome de Rett, cité dans l’ancienne version de cet article, est quant à lui une maladie génétique distincte.

L’autisme n’est causé ni par l’éducation ni par l’attitude des parents. Les premiers signes peuvent apparaître dès la première année, mais ils deviennent en général plus nets au cours de la deuxième année, lorsque la communication de l’enfant s’enrichit. Un diagnostic ne peut être posé qu’après une évaluation par des professionnels formés ; en revanche, le repérage des signes d’alerte, lui, peut commencer très tôt, à la maison comme lors des consultations de suivi.

Quels signes observer chez un bébé de moins de 1 an ?

Au cours de sa première année, un bébé montre de plus en plus d’intérêt pour les visages et les voix : il sourit en réponse à votre sourire, vous suit du regard, gazouille puis babille, cherche à attirer votre attention et réagit progressivement à son prénom. Ce qui peut interpeller, surtout si plusieurs éléments sont présents et durent :

  • un bébé qui croise peu le regard ou semble l’éviter ;
  • peu de sourires en réponse aux vôtres, peu d’expressions partagées ;
  • peu ou pas de gazouillis puis de babillage, peu de « dialogues » sonores avec vous ;
  • une absence de réaction à son prénom alors qu’il réagit à d’autres bruits ;
  • peu d’intérêt pour les jeux d’échange (coucou-caché, imitation de mimiques) ;
  • vers la fin de la première année, pas de gestes sociaux comme « au revoir » de la main ou tendre les bras pour être porté.

Certains signes souvent cités, comme une tête mal tenue ou un bébé très mou, relèvent d’abord du développement moteur : ils justifient une consultation, mais ne sont pas des signes spécifiques d’autisme. Le guide Les étapes du développement de bébé, de la naissance à 3 ans présente les repères habituels dans tous les domaines.

Quels signes entre 1 et 2 ans ?

Au cours de la deuxième année, l’enfant commence normalement à utiliser les gestes et les premiers mots pour communiquer, à montrer du doigt ce qui l’intéresse et à partager son attention avec l’adulte. C’est à cette période que les différences deviennent souvent plus visibles.

Domaine Ce que l’on observe habituellement Ce qui doit interpeller
Pointage Il montre du doigt un objet pour le demander, puis pour vous le faire regarder. Il ne pointe pas, ou vous prend la main pour la poser sur l’objet voulu.
Attention conjointe Il regarde ce que vous montrez, vous apporte un jouet pour le partager, vérifie votre réaction. Il suit rarement votre regard ou votre doigt et partage peu ses découvertes.
Langage Babillage varié, premiers mots, puis premières associations de mots. Pas de mots, ou des mots qui ne servent pas à communiquer.
Jeu Il imite, commence à faire « semblant » (nourrir une poupée, téléphoner). Il aligne, fait tourner ou manipule les objets de la même façon, longuement.
Comportements Curiosité variée, adaptation progressive aux changements. Mouvements répétitifs (battements de mains, balancements), grande détresse au moindre changement.
Sensorialité Réactions habituelles aux bruits, textures, lumières. Réactions très fortes ou au contraire très faibles à certains stimuli.

Pris isolément, chacun de ces éléments peut se rencontrer chez un enfant sans autisme : un retard de langage peut par exemple être lié à un trouble de l’audition. Le guide Développement du langage bébé : des gazouillis aux premières phrases rappelle les étapes habituelles. Pour les signes observables à partir de 18 mois et au-delà, consultez aussi notre article Autisme : des signes d’alerte dès 18 mois à surveiller pour une intervention précoce.

Quand faut-il consulter sans attendre ?

Prenez rendez-vous avec le médecin qui suit votre enfant, sans attendre le prochain examen prévu, dans les situations suivantes :

  • votre enfant perd des compétences qu’il avait acquises : il ne dit plus des mots qu’il utilisait, sourit ou échange moins qu’avant. Une régression doit toujours conduire à consulter, quel que soit l’âge ;
  • vous observez plusieurs des signes décrits ci-dessus, de façon répétée et dans différents contextes (maison, crèche, chez l’assistante maternelle) ;
  • un professionnel de la petite enfance vous fait part de ses observations ;
  • vous ressentez une inquiétude persistante, même sans pouvoir la formuler précisément.

Avant le rendez-vous, notez des exemples concrets (ce que fait ou ne fait pas votre enfant, depuis quand, dans quelles situations) et, si possible, filmez quelques moments du quotidien : ces éléments aident beaucoup le médecin. Apportez aussi le carnet de santé de votre bébé, qui contient les repères de développement notés lors des examens.

À qui s’adresser et comment se passe le repérage ?

Le parcours suit généralement plusieurs étapes :

  1. Consultation de première ligne : médecin traitant, pédiatre ou médecin de PMI. Il écoute vos observations, examine l’enfant et peut utiliser un questionnaire de repérage adapté à l’âge, comme le M-CHAT.
  2. Examens complémentaires : un bilan de l’audition et de la vision est souvent demandé pour écarter une autre cause.
  3. Orientation : en cas de doute, le médecin peut orienter votre enfant vers une plateforme de coordination et d’orientation (PCO) des troubles du neurodéveloppement, un centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) ou une équipe spécialisée. Les centres ressources autisme (CRA) interviennent notamment pour les diagnostics complexes.
  4. Intervention précoce : des bilans et un accompagnement (orthophonie, psychomotricité, notamment) peuvent débuter sans attendre la confirmation d’un diagnostic, pour ne pas perdre de temps.

Ce parcours peut sembler long et chargé d’émotion. Les associations de familles et les CRA proposent des informations et un soutien aux parents pendant cette période. Pour mieux comprendre l’ensemble du développement de votre enfant, le guide Éveil et développement de bébé offre une vue d’ensemble de 0 à 3 ans.

Questions fréquentes

Peut-on diagnostiquer l’autisme chez un bébé ?

Des signes d’alerte peuvent être repérés dès la première année, mais le diagnostic demande une évaluation par des professionnels formés et est généralement posé plus tard. Le repérage précoce permet toutefois de débuter un accompagnement sans attendre ce diagnostic.

Mon bébé ne réagit pas à son prénom : est-ce de l’autisme ?

Pas forcément. Une absence de réaction au prénom peut avoir d’autres causes, notamment un trouble de l’audition. Si elle persiste, surtout associée à d’autres signes (peu de regard, pas de pointage, peu de babillage), parlez-en au médecin, qui pourra vérifier l’audition et évaluer le développement.

Les vaccins peuvent-ils provoquer l’autisme ?

Non. De nombreuses études de grande ampleur ont montré l’absence de lien entre la vaccination et l’autisme. L’autisme est un trouble du neurodéveloppement qui n’est causé ni par les vaccins ni par l’éducation donnée par les parents.

Qui consulter en premier si j’ai un doute ?

Le médecin traitant, le pédiatre ou le médecin de PMI qui suit votre enfant. Il pourra l’examiner, utiliser un questionnaire de repérage et, si nécessaire, l’orienter vers une plateforme de coordination et d’orientation, un CAMSP ou une équipe spécialisée.

Un bébé qui sourit et regarde dans les yeux peut-il être autiste ?

Oui, c’est possible : les signes varient beaucoup d’un enfant à l’autre et aucun comportement, présent ou absent, ne suffit à confirmer ou à écarter un autisme. C’est l’ensemble du développement, observé dans le temps, qui compte. En cas de doute, l’avis d’un professionnel reste la meilleure démarche.

Mariana Anghjulina

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