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Administratif & budget

Congé parental : conditions, durée, PreParE et congé de naissance

En bref

  • Le congé parental d’éducation permet de s’arrêter ou de réduire son activité jusqu’aux 3 ans de l’enfant, avec un an d’ancienneté ; l’employeur ne verse pas de salaire.
  • La PreParE, versée par la CAF, compense en partie la perte de revenus : à titre indicatif 459,70 € par mois en cas d’arrêt total en 2026.
  • Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau congé supplémentaire de naissance de 1 ou 2 mois par parent, mieux indemnisé, existe pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2026.
  • Ces dispositifs se prévoient à l’avance : délais de prévenance de l’employeur, conditions de cotisations, articulation avec le congé maternité et paternité.

Prolonger le temps passé avec son bébé, réduire ses horaires pour souffler, attendre une place en crèche : les raisons de s’intéresser au congé parental ne manquent pas. Mais derrière cette expression se cachent en réalité plusieurs dispositifs distincts, qui ne relèvent pas des mêmes interlocuteurs et n’offrent pas la même indemnisation. Depuis juillet 2026, un nouveau congé de naissance est même venu s’ajouter au paysage. Ce guide vous aide à comprendre qui a droit à quoi, combien vous pouvez percevoir à titre indicatif et quelles démarches accomplir. Pour replacer ces congés dans l’ensemble de vos formalités, consultez notre dossier sur les démarches et le budget de bébé.

Trois dispositifs à ne pas confondre

Avant d’entrer dans le détail, voici les trois notions à distinguer :

  • Le congé parental d’éducation : c’est un droit du salarié vis-à-vis de son employeur. Il suspend ou réduit le contrat de travail, mais n’est pas rémunéré par l’entreprise.
  • La PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant) : c’est une allocation versée par la CAF (ou la MSA) aux parents qui cessent ou réduisent leur activité. Elle peut accompagner un congé parental d’éducation, mais aussi concerner des indépendants ou des demandeurs d’emploi sous conditions.
  • Le congé supplémentaire de naissance : nouveau dispositif créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, plus court mais généralement mieux indemnisé, à prendre juste après les congés de maternité ou de paternité.

Ces congés viennent après le congé maternité de 16 semaines (pour un premier ou deuxième enfant) et le congé de paternité et d’accueil de 25 jours, auxquels s’ajoutent 3 jours de congé de naissance payés par l’employeur. Pour les détails du premier, voir notre article sur le congé maternité.

Le congé parental d’éducation : pour qui et combien de temps ?

Tout salarié, père ou mère, peut en bénéficier s’il justifie d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise à la date de naissance de l’enfant (ou de son arrivée au foyer en cas d’adoption). Le type de contrat et la taille de l’entreprise n’entrent pas en compte, et l’employeur ne peut pas le refuser si ces conditions sont réunies.

Deux formules sont possibles :

  • la suspension totale du contrat de travail ;
  • le passage à temps partiel, avec une durée de travail d’au moins 16 heures par semaine.

Le congé a une durée initiale d’un an maximum, renouvelable deux fois, et prend fin au plus tard aux 3 ans de l’enfant. Il peut démarrer à tout moment après le congé maternité ou d’adoption, et les deux parents peuvent le prendre en même temps ou l’un après l’autre. Vous pouvez aussi passer du temps plein au temps partiel (ou l’inverse) lors d’un renouvellement.

Les démarches auprès de l’employeur

La demande se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge, en précisant la date de début, la durée et la formule choisie (arrêt total ou temps partiel). Les délais à respecter :

  • un mois avant la fin du congé maternité ou d’adoption si le congé parental le suit immédiatement ;
  • deux mois avant le début du congé dans les autres cas ;
  • un mois avant la fin de la période en cours pour un renouvellement ou un changement de formule.

Joignez si possible une copie de l’acte de naissance, que vous obtenez après la déclaration de naissance en mairie. Vérifiez aussi votre convention collective : certaines prévoient des dispositions plus favorables. Les délais et conditions sont détaillés sur service-public.fr.

La PreParE : l’indemnisation versée par la CAF

Le congé parental d’éducation n’étant pas payé par l’employeur, la PreParE vient compenser une partie de la perte de revenus. À titre indicatif, selon le barème en vigueur en 2026 :

  • 459,70 € par mois en cas de cessation totale d’activité ;
  • 297,17 € par mois pour une activité à 50 % ou moins ;
  • 171,42 € par mois pour une activité comprise entre 50 et 80 %.

Pour y avoir droit, il faut justifier d’au moins 8 trimestres de cotisations vieillesse sur une période de référence qui dépend du nombre d’enfants : 2 ans pour un enfant, 4 ans pour deux enfants, 5 ans à partir de trois.

La durée de versement varie aussi :

  • pour un premier enfant : jusqu’à 6 mois pour chaque parent, dans la limite du premier anniversaire de l’enfant ;
  • à partir du deuxième enfant : jusqu’à 24 mois par parent, dans la limite des 3 ans du plus jeune.

La demande se fait auprès de la CAF, en ligne sur caf.fr. Les montants étant revalorisés régulièrement, vérifiez-les avec le simulateur de caf.fr avant de prendre votre décision. Notre dossier sur les aides de la CAF présente les autres prestations de la PAJE.

Le nouveau congé supplémentaire de naissance (depuis juillet 2026)

C’est la grande nouveauté de 2026. Entré en vigueur le 1er juillet 2026, ce congé concerne les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026. Ses principales caractéristiques, à titre indicatif :

  • 1 ou 2 mois par parent, chacun des deux parents pouvant en bénéficier ;
  • à prendre après les congés de maternité ou de paternité, en une seule fois ou en deux périodes d’un mois ;
  • une indemnisation d’environ 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale ;
  • un démarrage dans les 9 mois suivant la naissance ; pour les enfants nés entre janvier et mai 2026, il peut être pris entre juillet 2026 et mars 2027 ;
  • un délai de prévenance de l’employeur d’au moins un mois, ramené à 15 jours s’il suit directement le congé de paternité.

Attention : il n’est pas cumulable avec la PreParE sur la même période. En revanche, rien n’empêche de prendre d’abord ce congé de naissance, souvent mieux indemnisé, puis un congé parental d’éducation. Les modalités pratiques de demande et d’indemnisation sont précisées sur service-public.fr et ameli.fr.

Comment organiser et combiner ces congés ?

Chaque famille construit son propre calendrier, en fonction de ses revenus, de ses envies et des places de garde disponibles. Quelques repères pour y réfléchir :

  • Faites vos comptes : comparez votre salaire net avec l’indemnisation du congé de naissance puis celle de la PreParE, et intégrez les frais de garde évités.
  • Pensez à deux : chaque parent dispose de ses propres droits. Les partager peut permettre de prolonger la présence d’un parent à la maison, tout en limitant l’éloignement professionnel de chacun.
  • Anticipez la garde : un congé de quelques mois peut servir de transition en attendant une place en crèche ou chez une assistante maternelle. Notre article sur les aides pour la garde d’enfant vous aidera à estimer le coût de la reprise.
  • Vérifiez les dates limites : 9 mois pour débuter le congé de naissance, premier anniversaire pour la PreParE d’un premier enfant, 3 ans pour le congé parental d’éducation.

Exemple d’organisation possible pour un premier enfant né en 2026 : congé maternité, puis 2 mois de congé de naissance pour la mère ; congé de paternité, puis 1 mois de congé de naissance pour le second parent, décalé pour prolonger la présence à la maison ; enfin un congé parental à temps partiel pour l’un des deux, en attendant l’entrée en crèche.

Le retour au travail

À l’issue du congé parental d’éducation, vous retrouvez votre précédent emploi ou un emploi similaire, assorti d’une rémunération au moins équivalente. Vous bénéficiez également d’un entretien professionnel consacré à vos perspectives d’évolution. Prenez le temps de préparer ce retour, sur le plan pratique comme émotionnel : adaptation progressive du mode de garde, organisation des matinées, répartition des tâches. Nos conseils pour préparer la reprise du travail vous accompagnent dans cette étape.

FAQ

Le congé parental est-il rémunéré ?
L’employeur ne verse pas de salaire pendant un congé parental d’éducation. La CAF peut verser la PreParE, à titre indicatif 459,70 € par mois en cas d’arrêt total en 2026, sous condition de cotisations. Vérifiez vos droits sur caf.fr.

Peut-on cumuler congé de naissance et PreParE ?
Pas sur la même période. Il est en revanche possible de prendre d’abord le congé supplémentaire de naissance, souvent mieux indemnisé, puis un congé parental avec la PreParE.

Les deux parents peuvent-ils prendre un congé parental en même temps ?
Oui. Chaque parent salarié qui remplit les conditions peut prendre un congé parental d’éducation, simultanément ou successivement. La PreParE est ouverte à chacun, dans les limites de durée prévues.

Mon employeur peut-il refuser mon congé parental ?
Non, si vous avez au moins un an d’ancienneté à la naissance de l’enfant et respectez les délais de prévenance. Il s’agit d’un droit, à temps plein comme à temps partiel.

Pour préparer la suite, découvrez les aides pour faire garder votre enfant et le détail des prestations de la CAF (PAJE).

Sources : service-public.fr (congé parental d’éducation, congé supplémentaire de naissance), CAF (caf.fr, PreParE), Assurance maladie (ameli.fr), Code du travail, loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Montants indicatifs, à vérifier sur caf.fr et service-public.fr.

Mariana Anghjulina

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