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Santé & post-partum de la maman

Rééducation du périnée après l’accouchement : quand, comment, pourquoi

Bon à savoir — Cet article sur la rééducation du périnée est informatif et ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre kinésithérapeute. Le programme est adapté à chaque femme : suivez les conseils du professionnel qui vous accompagne.
En bref

  • Après tout accouchement, voie basse comme césarienne, la sage-femme ou le médecin prescrit en général une dizaine de séances de rééducation
  • Périnée fragilisé, fuites urinaires à l’effort, pesanteur, gêne intime : ces signes fréquents se travaillent et s’améliorent nettement
  • Les séances commencent après la visite post-natale, vers 6 à 8 semaines, chez une sage-femme ou un kinésithérapeute, et sont prises en charge par l’Assurance maladie
  • La rééducation périnéale précède toujours la rééducation abdominale et la reprise du sport : c’est l’ordre qui protège votre plancher pelvien

La rééducation du périnée est l’un des rendez-vous les plus importants du post-partum, et l’un des plus souvent négligés. Pourtant, ce hamac musculaire qui soutient la vessie, l’utérus et le rectum a porté le poids de votre bébé pendant neuf mois, puis s’est étiré au maximum lors de l’accouchement. Le renforcer, c’est prévenir les fuites urinaires, les descentes d’organes et les douleurs intimes, à court terme comme à la ménopause. Cet article vous explique à quoi sert la rééducation périnéale, quand la commencer, comment se déroulent les séances et quels gestes adopter au quotidien. Il complète notre dossier sur le post-partum et la santé de la maman.

Le périnée : ce qu’il est et pourquoi il souffre pendant la grossesse

Le périnée, ou plancher pelvien, est un ensemble de muscles et de ligaments tendus entre le pubis et le coccyx. Il ferme le bas du bassin et assure trois fonctions essentielles : soutenir les organes (vessie, utérus, rectum), contrôler la continence urinaire et anale, et participer au plaisir sexuel.

Pendant la grossesse, il subit une double contrainte : le poids croissant de l’utérus et l’imprégnation hormonale qui assouplit les tissus. C’est pourquoi la rééducation est recommandée même après une césarienne. Lors d’un accouchement par voie basse, il s’étire considérablement pour laisser passer bébé, avec parfois une déchirure ou une épisiotomie. Un accouchement long, un bébé de plus de 4 kg, l’usage de forceps ou de ventouse, ou une grossesse multiple augmentent encore la sollicitation.

Résultat : après la naissance, le périnée est souvent affaibli, moins réactif, et certaines femmes ressentent des fuites urinaires en toussant ou en riant, une sensation de pesanteur, une difficulté à retenir les gaz ou une gêne lors des rapports. Ces signes sont fréquents et ne doivent pas faire honte : ils se travaillent, et ils s’améliorent.

À quel moment commencer la rééducation ?

Les séances débutent après la visite post-natale, réalisée entre six et huit semaines après l’accouchement par le médecin ou la sage-femme. C’est à cette occasion qu’un examen du périnée est effectué (on évalue sa tonicité sur une échelle de 0 à 5) et que l’ordonnance est délivrée. Pour comprendre l’ensemble de ce calendrier de suivi, lisez notre article sur le post-partum et ce qui change après l’accouchement.

Avant ce rendez-vous, il n’est pas question de rester inactive : dès la maternité, votre sage-femme peut vous apprendre à repérer votre périnée et à le contracter doucement, sans forcer, et surtout vous donner les bons réflexes pour le protéger (nous y reviendrons). En revanche, aucun exercice intensif, aucun abdominal classique et aucune reprise du sport avant la fin de la rééducation.

Si vous avez accouché il y a plusieurs mois, voire plusieurs années, et que vous n’avez jamais fait cette rééducation, sachez qu’il n’est jamais trop tard : parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, une prescription reste possible.

Comment se déroulent les séances ?

La rééducation est réalisée par une sage-femme ou un kinésithérapeute formé à la rééducation pelvi-périnéale, en cabinet ou parfois à domicile. La prescription comprend le plus souvent une dizaine de séances, renouvelables si nécessaire. Elles sont prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie dans le cadre du suivi post-natal, sur présentation de l’ordonnance.

La première séance est un bilan : interrogatoire sur vos symptômes, votre accouchement, vos habitudes (sport, port de charges), puis examen du périnée. Ensuite, plusieurs méthodes peuvent être combinées :

  • La rééducation manuelle : le professionnel guide la contraction par un toucher vaginal et vous apprend à isoler les bons muscles, sans contracter les fessiers ni les abdominaux.
  • Le biofeedback : une sonde reliée à un écran vous permet de visualiser vos contractions et de mesurer vos progrès.
  • L’électrostimulation : une sonde envoie de légères impulsions qui déclenchent la contraction, utile lorsque le périnée est très affaibli et que vous ne le « sentez » plus.
  • Les approches posturales et respiratoires (méthode CMP, hypopressifs, gymnastique abdominale de type « connaissance et maîtrise du périnée »), qui travaillent la coordination entre respiration, abdominaux et périnée.

Chaque séance dure environ trente minutes. Entre deux rendez-vous, on vous demandera de pratiquer quelques exercices simples à la maison. La régularité compte plus que l’intensité.

Les bons réflexes au quotidien

La rééducation ne se limite pas aux séances : votre périnée se protège à chaque instant. Quelques habitudes à adopter dès la maternité :

  • Verrouillez avant l’effort : contractez légèrement le périnée avant de tousser, d’éternuer, de rire, de soulever bébé ou le siège auto.
  • Portez bébé près de vous, dos droit, en pliant les genoux pour vous baisser.
  • Ne poussez pas aux toilettes : luttez contre la constipation par l’hydratation, les fibres et la marche, et adoptez une position genoux relevés si nécessaire.
  • Évitez de vous retenir trop longtemps, mais n’allez pas non plus uriner « par précaution » toutes les demi-heures.
  • Attendez la fin de la rééducation périnéale, puis abdominale, pour reprendre la course, le saut ou les abdominaux classiques.

Ces gestes, simples en apparence, font une vraie différence sur la durée, bien au-delà du post-partum.

Les erreurs à éviter

  • Sauter la rééducation parce que vous n’avez aucune fuite : un périnée affaibli peut ne se manifester que des années plus tard.
  • Faire des abdominaux « crunchs » avant d’avoir renforcé le périnée : la pression pousse les organes vers le bas.
  • Interrompre les séances dès les premières améliorations : le programme complet consolide les acquis.
  • Pratiquer le « stop-pipi » comme exercice : arrêter le jet urinaire perturbe la vidange de la vessie et favorise les infections.
  • Attendre en silence si les rapports sont douloureux ou si la gêne persiste : ces situations ont des solutions.

Quand consulter sans attendre ?

Certaines situations justifient un avis médical rapide, sans attendre la visite post-natale ni la fin des séances :

  • fuites urinaires importantes ou incontinence anale (selles) ;
  • sensation de boule à la vulve, de « quelque chose qui descend », surtout en fin de journée ;
  • douleurs périnéales persistantes, cicatrice d’épisiotomie inflammatoire ou très douloureuse ;
  • douleurs lors des rapports plusieurs mois après l’accouchement ;
  • brûlures urinaires, fièvre, urines troubles (possible infection).

Enfin, si votre corps vous préoccupe au point de peser sur votre moral, sachez que la fatigue et l’inquiétude physique s’entremêlent souvent avec les émotions du post-partum. Notre article sur le baby blues et la dépression post-partum vous aidera à faire la part des choses et à savoir vers qui vous tourner.

FAQ

La rééducation du périnée est-elle obligatoire après une césarienne ?
Elle n’est jamais obligatoire, mais elle est recommandée après tout accouchement, y compris par césarienne, car la grossesse elle-même fragilise le plancher pelvien. Votre médecin ou votre sage-femme vous la prescrira lors de la visite post-natale.

Combien de séances sont prises en charge ?
La prescription comprend le plus souvent une dizaine de séances, prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie dans le cadre du suivi post-natal. Elles peuvent être renouvelées si le bilan le justifie.

Sage-femme ou kinésithérapeute : qui choisir ?
Les deux sont habilités et compétents. Choisissez un professionnel formé à la rééducation périnéale, proche de chez vous, avec qui vous vous sentez à l’aise. Les méthodes (manuelle, biofeedback, électrostimulation, approches posturales) sont similaires.

Quand peut-on reprendre le sport après l’accouchement ?
La marche est possible rapidement. Pour la course, les sauts et les abdominaux, attendez la fin de la rééducation périnéale puis abdominale, avec l’accord de votre médecin ou de votre sage-femme.

Pour une vision d’ensemble de votre récupération, parcourez notre dossier post-partum et santé de la maman, et découvrez, étape par étape, tout ce qui change après l’accouchement.

Sources : Assurance maladie (ameli.fr, rééducation périnéale et suivi post-natal), Haute Autorité de santé (recommandations sur le post-partum), Collège national des sages-femmes de France, Collège national des gynécologues et obstétriciens français, programme « 1000 premiers jours ». En cas de doute, consultez votre sage-femme, votre médecin ou votre kinésithérapeute.

Mariana Anghjulina

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