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Alimentation de bébé

Lait de croissance : faut-il en donner et comment bien le choisir ?

Bon à savoir — Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis de votre médecin, pédiatre, sage-femme ou de la PMI. Chaque enfant a des besoins propres : avant de changer de lait, en particulier en cas d’allergie, de régime alimentaire particulier ou de croissance qui vous interroge, demandez conseil à un professionnel de santé.
En bref

  • Le lait de croissance est une boisson lactée destinée aux enfants de 1 à 3 ans, qui prend le relais du lait infantile de 2e âge.
  • Il est enrichi en fer, en vitamine D et en acides gras essentiels, des nutriments que le lait de vache apporte en quantité insuffisante à cet âge.
  • Les pédiatres français le conseillent jusqu’à 3 ans, sans obligation : le choix se discute avec votre pédiatre selon l’alimentation de votre enfant.
  • Les boissons végétales (amande, riz, avoine…) ne sont pas adaptées aux besoins d’un jeune enfant et ne remplacent pas un lait adapté.

Votre enfant approche de son premier anniversaire et, avec lui, une nouvelle question se pose : faut-il passer au lait de croissance, au lait de vache « comme les grands », ou à autre chose encore ? Pour y voir clair, voici ce que contient réellement un lait de croissance, pourquoi les pédiatres le conseillent entre 1 et 3 ans, comment l’intégrer aux repas et comment le choisir sans se tromper. Pour replacer ce sujet dans l’ensemble des repères de 0 à 3 ans, consultez notre guide complet sur l’alimentation de bébé.

Qu’est-ce qu’un lait de croissance ?

Le lait de croissance, parfois appelé « lait 3e âge », est une boisson lactée formulée pour les enfants de 1 à 3 ans. Il est le plus souvent fabriqué à partir de lait de vache modifié : moins de protéines, davantage de fer, ajout de vitamine D et d’acides gras essentiels, notamment d’oméga-3. Il prend le relais du lait infantile de 2e âge (ou « lait de suite »), donné jusqu’au premier anniversaire environ.

À la différence des laits 1er et 2e âge, très précisément encadrés par la réglementation européenne, les laits de croissance ne font pas l’objet de règles de composition aussi détaillées : les teneurs en fer, en vitamine D ou en sucres varient d’un produit à l’autre. Il existe en poudre, à reconstituer, ou en liquide prêt à boire.

Pourquoi les pédiatres le conseillent entre 1 et 3 ans

Entre 1 et 3 ans, les besoins de votre enfant restent très particuliers. La Société française de pédiatrie recommande de poursuivre avec un lait de croissance jusqu’à 3 ans, pour plusieurs raisons :

  • Le fer : le lait de vache en contient très peu, alors que la carence en fer est fréquente chez les jeunes enfants. Le lait de croissance en est enrichi.
  • La vitamine D : indispensable à la solidité des os, elle y est ajoutée. Cela ne dispense pas de la supplémentation en vitamine D recommandée en France pendant l’enfance, que votre médecin vous indiquera.
  • Les acides gras essentiels : utiles au développement du cerveau, ils sont peu présents dans le lait de vache.
  • Les protéines : le lait de vache en fournit beaucoup au regard des besoins. Certaines études suggèrent qu’un excès précoce pourrait favoriser un surpoids ultérieur.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments estime toutefois que ces laits ne sont pas irremplaçables si l’alimentation est variée et que le fer et la vitamine D sont apportés par ailleurs. Ce n’est donc pas une obligation, mais une aide pratique, à discuter avec votre pédiatre.

Après 1 an : lait maternel, lait de croissance ou lait de vache ?

Si vous allaitez encore, rien ne vous oblige à arrêter : l’Organisation mondiale de la santé encourage l’allaitement jusqu’à 2 ans ou au-delà, avec une alimentation diversifiée. Le lait maternel reste alors la boisson lactée de votre enfant ; un lait de croissance peut servir pour les préparations ou quand vous êtes séparés. Notre article sur l’allaitement maternel rappelle les bases.

Si votre enfant prend le biberon, le lait de croissance est le relais naturel du lait 2e âge, directement ou progressivement sur quelques jours.

Si vous préférez le lait de vache après 1 an, parlez-en à votre pédiatre : il faudra choisir du lait entier, pasteurisé ou UHT, jamais cru, et veiller aux apports en fer (viande, poisson, œufs, légumineuses). Avant 1 an, le lait de vache n’est pas adapté comme boisson principale.

Les boissons végétales (amande, riz, avoine…) ne sont pas des laits : pauvres en protéines, en calcium ou en fer selon les cas, elles ont été à l’origine de cas de malnutrition sérieuse chez des nourrissons. Ne les confondez pas avec les préparations infantiles à base de protéines de riz ou de soja, réservées à des situations particulières, sur avis médical.

Quelle quantité et comment l’intégrer aux repas ?

Il n’existe pas de quantité unique. Les pédiatres évoquent souvent un repère de l’ordre d’un demi-litre de lait par jour, à ajuster selon l’appétit de votre enfant et les autres produits laitiers qu’il consomme (yaourt, fromage blanc, fromage).

Plus n’est pas mieux : un enfant qui boit beaucoup de lait mange moins aux repas, ce qui peut paradoxalement favoriser un manque de fer. Quelques repères :

  • proposez le lait au petit-déjeuner et au goûter, éventuellement au dîner ou au coucher ;
  • utilisez-le en cuisine : purées, soupes, flans, porridge ou gratins de légumes ;
  • encouragez progressivement le gobelet ou la tasse à côté du biberon ;
  • évitez l’endormissement avec un biberon dans la bouche, facteur de caries, et brossez les dents après le dernier biberon.

Pour la poudre, respectez scrupuleusement le dosage du fabricant ; une brique ouverte se garde au réfrigérateur, dans le délai indiqué. Si votre enfant n’a pas encore 1 an, notre article sur les repas de bébé de 6 à 12 mois détaille le rythme et la place du lait dans la journée.

Comment bien choisir un lait de croissance

Quelques critères simples permettent de choisir sans se laisser guider par le seul emballage.

  • La forme : la poudre se conserve longtemps ; le liquide, prêt à boire, est pratique en déplacement ou à la crèche, mais génère plus d’emballages.
  • La composition : comparez les teneurs en fer, en vitamine D et en acides gras essentiels, exprimées pour 100 ml, car ce sont elles qui font l’intérêt du produit.
  • Les sucres ajoutés et les arômes : privilégiez un lait nature, sans sucre ajouté (saccharose, sirop de glucose, miel) ni arôme vanille, biscuit ou céréales. Le lactose, sucre naturel du lait, n’est pas en cause.
  • Le bio : une question de préférence et de budget ; un lait conventionnel bien formulé convient tout autant.
  • Le prix : il varie du simple au double ; comparez le coût au litre de lait prêt à boire, pas le prix de la boîte.

En cas d’allergie aux protéines de lait de vache, le choix ne se fait pas en rayon : des préparations spécifiques existent, sur prescription. Notre article sur les allergies alimentaires du bébé explique les signes qui doivent alerter.

Les idées reçues et erreurs à éviter

  • « Le lait de croissance fait grandir plus vite. » Non : son nom désigne la période à laquelle il est destiné, pas un effet sur la taille.
  • Choisir un lait aromatisé « pour qu’il le boive ». Un lait vanillé ou chocolaté s’apparente à un dessert ; les laitages nature sont une meilleure alternative.
  • Passer au lait demi-écrémé. Avant 3 ans, les graisses du lait sont utiles au développement : si vous donnez du lait de vache, il doit être entier.
  • Donner du lait cru ou des fromages au lait cru : ils sont déconseillés aux enfants de moins de 5 ans en raison du risque d’infections graves, à l’exception des fromages à pâte pressée cuite comme le comté.
  • Laisser le lait remplacer un repas. Un biberon au dîner parce que l’enfant « ne mange rien » peut entretenir un cercle vicieux.

Quand demander l’avis de votre pédiatre ?

Parlez-en à votre médecin, à votre pédiatre ou à la PMI si :

  • votre enfant refuse tout lait et tout produit laitier depuis plusieurs semaines ;
  • votre famille suit une alimentation végétarienne ou végétalienne ;
  • vous observez après la prise de lait des vomissements répétés, une diarrhée, des plaques rouges, de l’urticaire ou du sang dans les selles ;
  • votre enfant est pâle, très fatigué, souvent malade, ou sa prise de poids ralentit : les repères de la courbe de croissance du carnet de santé aident le médecin à faire le point.

En cas de gonflement du visage ou des lèvres, de gêne respiratoire ou de malaise après avoir bu ou mangé, appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112 : il peut s’agir d’une réaction allergique grave. Et en cas de doute, appelez votre médecin.

Questions fréquentes

À partir de quel âge donner du lait de croissance ?

À partir de 1 an environ, en relais du lait infantile de 2e âge, et jusqu’à 3 ans selon les recommandations des pédiatres français. Avant 1 an, le lait maternel ou un lait infantile adapté reste l’aliment principal de bébé.

Le lait de croissance est-il obligatoire ?

Non. Les pédiatres français le conseillent pour ses apports en fer, en vitamine D et en acides gras essentiels, mais ce n’est pas une obligation. Le choix se discute avec votre pédiatre selon l’alimentation globale de votre enfant.

Peut-on remplacer le lait de croissance par du lait de vache ?

Après 1 an, c’est possible si votre pédiatre le valide : choisissez un lait entier, jamais cru, et veillez aux apports en fer et en vitamine D. Avant 1 an, le lait de vache n’est pas adapté comme boisson principale.

Les boissons végétales conviennent-elles aux jeunes enfants ?

Non. Les boissons à base d’amande, de riz, d’avoine ou de soja vendues en rayon ne couvrent pas les besoins d’un enfant de moins de 3 ans. En cas d’allergie ou de régime particulier, seul un professionnel de santé peut proposer une solution adaptée.

Pour organiser les repas de votre enfant autour de son premier anniversaire, retrouvez nos menus et repères de 6 à 12 mois et l’ensemble de nos conseils dans le guide de l’alimentation de bébé de 0 à 3 ans.

Sources : Société française de pédiatrie (mpedia.fr), Santé publique France et Programme national nutrition santé, programme « 1000 premiers jours », Anses, Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), Organisation mondiale de la santé, ministère de la Santé. En cas de doute, consultez votre médecin, votre pédiatre ou la PMI.

Mariana Anghjulina

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