- En moyenne, les premiers pas seuls arrivent autour de 12 à 13 mois, mais marcher dès 9 mois ou seulement vers 18 mois reste dans la normale.
- Avant la marche, votre enfant passe par plusieurs étapes : se hisser debout, se déplacer le long des meubles, marcher en tenant une main.
- Pour l’aider, rien ne vaut le temps libre au sol, les pieds nus à la maison et un environnement sécurisé ; le trotteur est à bannir.
- Un enfant qui ne marche pas seul à 18 mois, qui boite ou qui perd des acquis doit être vu par un médecin.
Ce jour où bébé marche pour la première fois, bras tendus et sourire triomphant, reste gravé dans la mémoire de tous les parents. Mais avant, que de questions : à quel âge est-ce normal ? Faut-il des chaussures, un trotteur ? Et s’il tarde ? La marche est l’aboutissement d’un long travail moteur commencé dès les premières semaines de vie, et chaque enfant l’atteint à son rythme. Voici les repères pour comprendre cette étape et l’accompagner sereinement, en complément de notre dossier sur l’éveil et le développement de bébé.
À quel âge bébé fait-il ses premiers pas ?
En moyenne, les premiers pas seuls arrivent autour de 12 à 13 mois. Mais la fourchette normale est large : certains enfants lâchent les meubles dès 9 ou 10 mois, d’autres attendent 16, 17, voire 18 mois. Un « marcheur tardif » n’est pas un enfant en retard, tant que ses autres acquisitions progressent.
Le tempérament (les prudents observent longtemps, les téméraires essaient tôt), le gabarit, l’hérédité et les occasions de bouger librement au sol influencent ce calendrier. Un bébé très efficace à quatre pattes est parfois moins pressé de se mettre debout.
Pour un enfant né prématurément, on raisonne en âge corrigé, c’est-à-dire calculé à partir de la date du terme prévu, généralement jusqu’à 2 ans environ.
Les étapes qui mènent à la marche
La marche ne surgit pas du jour au lendemain. Elle s’appuie sur une longue chaîne d’acquisitions qui commence avec le contrôle de la tête, renforcé par les moments passés à plat ventre (voir notre article sur le tummy time, ou temps sur le ventre). Viennent ensuite, dans un ordre qui varie d’un enfant à l’autre :
- le retournement, du dos sur le ventre et inversement ;
- la position assise, puis le passage seul du couché à l’assis ;
- les déplacements au sol : ramper, marcher à quatre pattes ou avancer sur les fesses ;
- se hisser debout en s’agrippant à un meuble, souvent vers 8 à 10 mois ;
- le « cabotage » : se déplacer latéralement en se tenant au canapé ou à la table basse ;
- la marche avec appui, en tenant une main ou en poussant un objet stable ;
- les premiers pas seuls, quelques mètres d’abord, bras écartés pour garder l’équilibre ;
- la marche assurée, avec la capacité de s’arrêter, de se retourner ou de s’accroupir pour ramasser un objet, souvent quelques mois plus tard.
Tous les enfants ne passent pas par toutes ces étapes : certains ne marchent jamais à quatre pattes, et c’est normal. Ce qui compte, c’est la progression d’ensemble.
Comment accompagner bébé sans le presser
Le meilleur coup de pouce ? Du temps libre au sol, sur une surface ferme, dans un espace sécurisé. C’est en expérimentant seul, en tombant et en se relevant, que votre enfant construit son équilibre et sa confiance. Quelques idées concrètes :
- laissez-le se hisser debout contre un canapé ou une table basse stable, sans le mettre debout vous-même s’il n’y parvient pas encore seul ;
- proposez un jouet à pousser lourd et stable, une fois qu’il tient debout seul ;
- accroupissez-vous à quelques pas, bras ouverts, pour qu’il vienne vous rejoindre ;
- encouragez ses efforts par la voix et le sourire, sans en faire une performance.
Évitez de le faire « marcher » longtemps en le tenant par les deux bras au-dessus de sa tête : cette position le déséquilibre vers l’avant et ne lui apprend pas à gérer son propre équilibre. Et acceptez les chutes : sur un sol dégagé, il retombe le plus souvent sur ses fesses.
Profitez-en pour mettre des mots sur ce qu’il fait (« tu te lèves », « tu vas vers papa ») : ces petits commentaires nourrissent aussi ses premiers sons et premiers mots.
Trotteur, pieds nus, chaussures : les bons choix
Le trotteur, ou youpala, est à proscrire. Les pédiatres et les spécialistes de la sécurité de l’enfant le déconseillent fermement : il expose à des chutes graves, notamment dans les escaliers, permet d’atteindre des objets dangereux et ne favorise pas l’apprentissage de la marche, puisque l’enfant avance souvent sur la pointe des pieds sans travailler son équilibre.
À la maison, les pieds nus sont idéaux : ils permettent de sentir le sol, de s’agripper avec les orteils et de muscler la voûte plantaire. Sur un carrelage glissant ou froid, des chaussons souples à semelle antidérapante font l’affaire. Les chaussures ne deviennent utiles que lorsque votre enfant marche dehors : choisissez-les souples, légères, à semelle fine et antidérapante, avec un bout large et une bonne tenue du talon. Nos critères de taille et de choix sont détaillés dans notre guide des premières chaussures de bébé.
Chez le jeune marcheur, le pied paraît souvent plat et les jambes arquées : ces particularités sont le plus souvent physiologiques et évoluent avec la croissance. Votre médecin les vérifie lors des examens de suivi.
Sécuriser la maison quand bébé devient mobile
Dès que votre enfant se hisse debout, tiroirs, nappes et fils électriques deviennent accessibles. Avant les premiers pas, faites le tour du logement à sa hauteur.
- Installez des barrières de sécurité en haut et en bas des escaliers.
- Fixez au mur les meubles hauts (bibliothèque, commode, meuble télé) : un enfant qui s’y agrippe peut les faire basculer.
- Protégez les angles vifs des tables basses et rangez les objets lourds ou fragiles hors de portée.
- Bloquez les fenêtres et éloignez-en tout meuble sur lequel il pourrait grimper.
- Rangez produits ménagers et médicaments en hauteur, dans un placard fermé.
- Tournez les queues de casserole vers l’intérieur et tenez-le à l’écart de la cuisine pendant la cuisson.
Notre check-list pour sécuriser la maison pièce par pièce vous aide à ne rien oublier. Enfin, ne laissez jamais un jeune marcheur sans surveillance près d’un point d’eau (baignoire, piscine, seau) : quelques centimètres d’eau suffisent à provoquer une noyade.
Ce qui est normal chez le jeune marcheur
Les premiers mois de marche réservent quelques surprises qui inquiètent souvent à tort. Il est fréquent que votre enfant :
- tombe souvent, surtout lorsqu’il est fatigué ou qu’il change de direction ;
- marche jambes écartées et bras levés, puis de plus en plus bras le long du corps ;
- revienne au quatre pattes quand il veut aller vite ;
- marche sur la pointe des pieds de temps en temps, par jeu ;
- ait les pieds légèrement tournés vers l’intérieur ou l’extérieur au début ;
- semble moins à l’aise pendant une maladie ou un changement de rythme, avant de reprendre sa progression.
Ces variations s’estompent avec la pratique. Après les premiers pas, il faut généralement plusieurs mois pour que la marche devienne vraiment assurée. Vers 2 ans, la plupart des enfants courent, certes encore maladroitement, montent une marche en se tenant et tapent dans un ballon.
Quand consulter ?
Parlez-en à votre médecin, à votre pédiatre ou à la PMI, sans attendre la prochaine visite de suivi, si :
- votre enfant ne marche pas seul à 18 mois (en âge corrigé pour un prématuré) ;
- il ne cherche pas du tout à se déplacer ou à se mettre debout avec appui vers 12 mois ;
- il perd une compétence qu’il avait acquise (tenir debout, marcher, se déplacer) ;
- il boite, refuse soudain de s’appuyer sur une jambe ou semble avoir mal ;
- vous observez une nette asymétrie : une jambe ou un bras qui travaille moins que l’autre, une main toujours fermée ;
- il marche en permanence sur la pointe des pieds plusieurs mois après ses premiers pas ;
- ses jambes paraissent très raides ou au contraire très molles.
Une boiterie accompagnée de fièvre, un enfant qui ne peut plus du tout poser le pied, ou une chute sur la tête suivie de vomissements, de somnolence inhabituelle, de pleurs inconsolables ou d’une perte de connaissance imposent un avis médical rapide. En cas d’urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Nos repères sur les signes qui justifient une consultation en urgence complètent cette liste. En cas de doute, appelez votre médecin.
FAQ
À quel âge un bébé doit-il marcher ?
Il n’y a pas d’âge imposé. En moyenne, les premiers pas seuls arrivent autour de 12 à 13 mois, mais entre 9 et 18 mois tout est normal. Si votre enfant ne marche pas seul à 18 mois, parlez-en à votre médecin.
Le trotteur aide-t-il bébé à marcher ?
Non. Il n’accélère pas l’apprentissage et expose à des chutes graves, notamment dans les escaliers. Les pédiatres le déconseillent : préférez le jeu libre au sol.
Faut-il des chaussures dès les premiers pas ?
Pas à la maison, où les pieds nus sont idéaux pour l’équilibre et la voûte plantaire. Les chaussures deviennent utiles quand l’enfant marche dehors : choisissez-les souples, légères, à semelle fine et antidérapante.
Mon enfant marche sur la pointe des pieds, est-ce grave ?
De temps en temps, par jeu, c’est fréquent au début de la marche. Si cela devient permanent plusieurs mois après les premiers pas, ou s’il ne parvient pas à poser les talons, consultez votre médecin.
Pour préparer le terrain dès les premiers mois, découvrez comment pratiquer le temps sur le ventre en toute sécurité, et retrouvez l’ensemble de nos repères dans le guide de l’éveil et du développement de bébé.
Sources : Ameli (Assurance Maladie), Haute Autorité de santé (HAS), Société française de pédiatrie (mpedia.fr), Santé publique France, programme « 1000 premiers jours », carnet de santé de l’enfant (ministère de la Santé). En cas de doute, consultez votre médecin, votre pédiatre ou la PMI.
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