- Trois échographies sont recommandées et prises en charge : vers 12 SA, 22 SA et 32 SA (semaines d’aménorrhée).
- Chacune a un objectif précis : dater la grossesse, vérifier la morphologie, puis contrôler la croissance et la position du bébé.
- L’examen est indolore et sans danger connu pour le bébé lorsqu’il est réalisé dans un cadre médical.
- Des échographies supplémentaires peuvent être prescrites si le suivi le nécessite : ce n’est pas forcément un signe de problème.
Peu de rendez-vous sont aussi attendus que l’échographie grossesse : c’est le moment où l’on entend battre le cœur de son bébé, où l’on distingue son profil, parfois où l’on apprend son sexe. Mais c’est avant tout un examen médical, avec des objectifs précis à chaque étape. Combien d’échographies sont prévues, à quelles dates, comment se déroulent-elles et que vérifie le praticien ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour vivre ces rendez-vous avec confiance.
Combien d’échographies pendant la grossesse ?
En France, le suivi d’une grossesse sans complication comprend trois échographies recommandées, une par trimestre. Elles ne sont pas obligatoires au sens strict, mais fortement conseillées, car elles permettent de surveiller le bon développement du bébé et d’anticiper d’éventuelles difficultés. Elles s’inscrivent dans le suivi global décrit dans notre guide de la grossesse de A à Z, aux côtés des sept consultations prénatales.
Ces trois examens sont remboursés par l’Assurance maladie : à 70 % pour les deux premiers (le reste étant généralement couvert par la mutuelle), puis à 100 % à partir du sixième mois de grossesse, comme tous les soins liés à la grossesse. Attention toutefois aux dépassements d’honoraires pratiqués par certains cabinets : renseignez-vous à la prise de rendez-vous.
Des échographies supplémentaires peuvent être prescrites par votre sage-femme ou votre médecin en cas de grossesse multiple, de diabète gestationnel, de doute sur la croissance ou de saignements, par exemple. Une échographie de datation très précoce est aussi parfois réalisée avant 10 SA en cas d’incertitude sur la date des dernières règles.
La première échographie (11 à 13 SA) : dater et dépister
Réalisée entre 11 et 13 semaines d’aménorrhée plus six jours, la première échographie est souvent la plus émouvante : le bébé mesure alors 5 à 6 cm et bouge déjà. Le praticien y vérifie plusieurs points essentiels :
- Le nombre d’embryons et la localisation de la grossesse dans l’utérus.
- La vitalité : l’activité cardiaque est visible et parfois audible.
- La datation précise grâce à la mesure de la longueur cranio-caudale, qui permet de calculer la date présumée de l’accouchement.
- La mesure de la clarté nucale, un petit espace à l’arrière de la nuque du fœtus, utilisée dans le dépistage combiné de la trisomie 21.
Ce dépistage combine la clarté nucale, votre âge et une prise de sang (les marqueurs sériques) pour estimer un risque. Il est proposé, jamais imposé : vous restez libre de l’accepter ou non, et le résultat est une probabilité, pas un diagnostic. En cas de risque jugé élevé, des examens complémentaires vous seront expliqués en détail.
La deuxième échographie (22 SA) : l’échographie morphologique
Programmée entre 20 et 25 SA, idéalement autour de 22 SA, c’est l’examen le plus long et le plus détaillé. Le bébé mesure environ 25 cm et tous ses organes sont formés. Le praticien passe en revue, un par un, le cerveau, le visage, la colonne vertébrale, le cœur et ses quatre cavités, les reins, l’estomac, la vessie, les membres. Il mesure aussi le périmètre crânien, le périmètre abdominal et le fémur pour estimer la croissance, contrôle la quantité de liquide amniotique et la position du placenta.
C’est aussi lors de cette échographie que le sexe du bébé peut être annoncé, si vous le souhaitez et si la position le permet. N’hésitez pas à dire d’emblée au praticien si vous préférez garder la surprise.
Un examen aussi complet peut prendre trente à quarante-cinq minutes, avec des silences pendant lesquels le praticien se concentre. Ce silence n’est pas un mauvais signe : il fait simplement son travail. Posez vos questions à la fin, il prendra le temps d’y répondre.
La troisième échographie (32 SA) : croissance et préparation de l’accouchement
Entre 30 et 35 SA, la dernière échographie recommandée sert à contrôler la croissance du bébé, son estimation de poids, la quantité de liquide amniotique, la localisation définitive du placenta et sa présentation : tête en bas (céphalique), en siège ou transverse. Ces informations aident l’équipe de la maternité à préparer l’accouchement. Si le bébé est encore en siège, rien n’est figé : beaucoup se retournent d’eux-mêmes dans les semaines suivantes, et une manœuvre externe peut parfois être proposée.
Le praticien vérifie également les flux sanguins dans le cordon ombilical (doppler) lorsque cela est utile, notamment si la croissance semble ralentie ou en cas d’hypertension. Rappelons que les courbes de croissance sont des estimations, avec une marge d’erreur de l’ordre de 10 à 15 % sur le poids : un bébé annoncé « petit » ou « gros » ne l’est pas toujours à la naissance.
Comment se déroule l’examen ?
L’échographie est réalisée par un gynécologue-obstétricien, un radiologue ou une sage-femme échographiste. Vous êtes allongée, le ventre découvert, et le praticien applique un gel légèrement froid avant de déplacer la sonde sur la peau. Les ultrasons renvoyés par les tissus sont transformés en images sur l’écran. Au premier trimestre, une sonde endovaginale est parfois utilisée pour obtenir une image plus nette : c’est sans douleur.
Quelques conseils pratiques :
- Il n’est plus nécessaire d’avoir la vessie pleine, sauf indication contraire donnée au moment du rendez-vous.
- Évitez d’appliquer de la crème sur le ventre le jour de l’examen, elle gêne la transmission des ultrasons.
- Venez accompagnée si vous le souhaitez : la présence du co-parent est en général bienvenue.
- Apportez votre carnet de suivi et les comptes rendus précédents.
Un compte rendu écrit vous est remis, avec les mesures et souvent quelques clichés. Les images en 3D ou 4D, proposées dans certains cabinets, sont un complément d’agrément, pas un examen médical en soi. Les autorités de santé déconseillent d’ailleurs les échographies « souvenir » réalisées hors cadre médical, par principe de précaution.
Est-ce sans danger ? Et si l’on m’annonce une anomalie ?
Les ultrasons utilisés en échographie obstétricale n’ont pas montré d’effet nocif sur le fœtus dans les conditions d’un usage médical, encadré et limité dans le temps. Ce n’est pas une radiographie : il n’y a aucune irradiation. L’examen est totalement indolore, même si la pression de la sonde peut être un peu inconfortable en fin de grossesse.
Il arrive que l’échographie révèle un point à surveiller : mesure hors norme, image inhabituelle, croissance ralentie. Dans la plupart des cas, un contrôle quelques semaines plus tard rassure tout le monde. Si une anomalie est confirmée, vous serez orientée vers un centre de diagnostic prénatal, où une équipe pluridisciplinaire vous informera et vous accompagnera, quelle que soit votre décision. Vous n’êtes jamais seule face à un résultat : sage-femme, médecin, psychologue de la maternité sont là pour vous.
Enfin, entre deux échographies, votre corps donne lui aussi des indications sur le déroulement de la grossesse. Votre prise de poids pendant la grossesse est mesurée à chaque consultation et reflète, avec la hauteur utérine, la bonne croissance du bébé. Et si les nausées du début de grossesse gâchent un peu l’attente de la première échographie, sachez qu’elles s’estompent le plus souvent juste après, vers 14 à 16 SA.
Quand consulter sans attendre la prochaine échographie ?
Certains signes justifient un appel à la maternité ou à votre sage-femme, sans attendre le rendez-vous prévu : des saignements, des douleurs abdominales persistantes, une perte de liquide, une forte fièvre, une diminution nette des mouvements du bébé au troisième trimestre, ou des maux de tête avec troubles de la vue. Une échographie de contrôle pourra alors être réalisée rapidement. Dans le doute, mieux vaut appeler pour rien que d’attendre en s’inquiétant.
FAQ
À quelles dates ont lieu les trois échographies de grossesse ?
La première entre 11 et 13 SA plus six jours, la deuxième autour de 22 SA (entre 20 et 25 SA) et la troisième autour de 32 SA (entre 30 et 35 SA). Les dates précises sont fixées par votre sage-femme ou votre médecin.
Les échographies de grossesse sont-elles remboursées ?
Oui. Les deux premières sont prises en charge à 70 % par l’Assurance maladie, la troisième à 100 % au titre du sixième mois de grossesse. Des dépassements d’honoraires restent possibles selon les cabinets.
Peut-on connaître le sexe du bébé à la première échographie ?
Rarement de façon fiable. C’est à la deuxième échographie, vers 22 SA, que le sexe peut être annoncé avec une bonne certitude, si la position du bébé le permet et si vous souhaitez le savoir.
L’échographie est-elle dangereuse pour le bébé ?
Non, dans un cadre médical. Les ultrasons ne sont pas des rayons X et aucun effet nocif n’a été démontré. Les autorités de santé recommandent toutefois de réserver l’examen à un usage médical, sans multiplier les échographies « souvenir ».
Pour préparer chaque rendez-vous, gardez sous la main notre guide complet de la grossesse, et découvrez comment gérer les nausées et petits maux qui accompagnent souvent le premier trimestre.
Sources : recommandations de la Haute Autorité de Santé sur le suivi et l’orientation des femmes enceintes, informations d’Ameli sur les examens de suivi de grossesse et leur prise en charge, Collège national des gynécologues et obstétriciens français, programme « 1000 premiers jours ». Pour toute question, adressez-vous à votre sage-femme ou à votre médecin.
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