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La santé de bébé

Spasme du sanglot : comment réagir et quand consulter ?

Bon à savoir — Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis de votre médecin, pédiatre, sage-femme ou de la PMI. Un premier épisode de perte de connaissance chez un enfant doit toujours être signalé à un médecin, qui confirmera qu’il s’agit bien d’un spasme du sanglot.
En bref

  • Le spasme du sanglot est un arrêt involontaire et bref de la respiration au cours de pleurs intenses, déclenché par une colère, une frustration, une peur ou une douleur.
  • Il touche environ 5 % des enfants et apparaît le plus souvent entre 6 mois et 4 ans.
  • Pendant la crise : restez calme, allongez l’enfant sur le côté dans un endroit sûr et attendez que la respiration reprenne, ce qui se fait spontanément.
  • C’est un trouble bénin, sans lien avec l’épilepsie et sans conséquence sur le développement ; il disparaît avec l’âge.
  • Consultez s’il survient avant 6 mois, sans déclencheur, s’il dure ou si l’enfant récupère mal ; appelez le 15 en cas de doute.

Votre enfant pleure de colère ou vient de se cogner, et soudain plus un son : il bloque sa respiration, devient bleu ou tout pâle, parfois s’affaisse quelques secondes. La scène est terrifiante pour les parents qui y assistent pour la première fois. Il s’agit souvent d’un spasme du sanglot, un phénomène fréquent chez le tout-petit et sans danger pour lui. Savoir le reconnaître permet de réagir avec les bons gestes, sans panique, et de repérer les rares situations qui demandent un avis médical rapide.

Qu’est-ce qu’un spasme du sanglot ?

Le spasme du sanglot est un malaise bref et bénin du jeune enfant. Il survient au cours d’une émotion forte ou d’une douleur : l’enfant pleure intensément, puis sa respiration se bloque de façon involontaire. Il ne s’agit ni d’un caprice ni d’une manière de faire pression sur ses parents : l’enfant ne contrôle pas ce qui lui arrive.

Ce trouble concerne environ un enfant sur vingt, les garçons comme les filles. Il apparaît généralement entre 6 mois et 4 ans et se manifeste le plus souvent autour de la deuxième année. Chez certains enfants, il reste isolé ; chez d’autres, les épisodes se répètent pendant plusieurs mois.

Les médecins distinguent deux formes, qui peuvent coexister chez un même enfant :

Forme « bleue » (cyanotique) Forme pâle
Déroulement Pleurs intenses, puis blocage de la respiration L’enfant pâlit brusquement
Couleur Lèvres et visage bleutés Teint très blanc
Évolution possible Perte de connaissance brève, l’enfant devient mou Perte de connaissance brève, parfois quelques secousses

Comment le reconnaître ?

Un spasme du sanglot typique suit toujours à peu près le même scénario :

  1. Un déclencheur : frustration, colère, peur soudaine, chute ou petite blessure.
  2. Des pleurs, souvent intenses, ou un cri.
  3. Un blocage de la respiration : l’enfant ouvre la bouche sans émettre de son.
  4. Un changement de couleur, bleu ou pâle.
  5. Parfois, une perte de connaissance brève, l’enfant devenant mou, avec éventuellement quelques secousses ou une raideur.
  6. Une reprise spontanée de la respiration, avec un retour rapide à l’état habituel ; certains enfants sont fatigués et s’endorment ensuite.

Les secousses impressionnent beaucoup, mais elles ne signifient pas qu’il s’agit d’une crise d’épilepsie : elles accompagnent la perte de connaissance et cessent quand l’enfant reprend ses esprits. Ce qui distingue le spasme du sanglot, c’est la présence d’un déclencheur et le fait que les pleurs précèdent le malaise.

Le blocage n’a rien à voir non plus avec une gêne respiratoire due à une infection, comme dans la bronchiolite du nourrisson : en dehors de la crise, l’enfant respire normalement.

Que faire pendant la crise ?

La respiration reprend toujours d’elle-même : votre rôle est d’éviter que l’enfant ne se blesse et de l’observer.

  • Gardez votre calme et restez près de lui.
  • Allongez-le sur le côté, sur une surface sûre, surtout s’il perd connaissance, et écartez les objets contre lesquels il pourrait se cogner.
  • Ne le secouez pas, ne lui mettez rien dans la bouche, ne lui jetez pas d’eau au visage et ne tentez pas de le faire boire.
  • Observez la durée de l’épisode et ce qui se passe, pour pouvoir le décrire au médecin. Si c’est possible sans vous éloigner de l’enfant, une courte vidéo prise par un autre adulte peut aider le médecin.
  • Quand il reprend ses esprits, rassurez-le par la voix et les bras.

Si l’épisode se prolonge, si l’enfant ne reprend pas une respiration et une couleur normales rapidement, ou s’il reste inconscient, appelez le 15 ou le 112.

Quand faut-il consulter ?

Après un premier épisode, consultez votre médecin, même si tout est rentré dans l’ordre : il doit confirmer le diagnostic et écarter d’autres causes de malaise. Il peut demander un électrocardiogramme pour vérifier le rythme du cœur, et parfois une prise de sang à la recherche d’une anémie par manque de fer. Un apport en fer n’est donné que sur prescription, si le médecin le juge utile.

Demandez un avis médical rapide si :

  • l’enfant a moins de 6 mois ;
  • le malaise survient sans déclencheur apparent, en dehors des pleurs, pendant le sommeil ou au repos ;
  • la perte de connaissance ou les secousses se prolongent ;
  • l’enfant met du temps à récupérer, reste confus, somnolent ou mou ;
  • les épisodes deviennent très fréquents ou changent d’aspect.

Le guide quand consulter bébé en urgence rassemble les autres signes qui ne doivent pas attendre.

Comment accompagner votre enfant au quotidien ?

Il n’existe pas de traitement pour faire disparaître les spasmes du sanglot : c’est le temps qui les résout. Environ la moitié des enfants n’en font plus à 4 ans, et la grande majorité n’en présente plus vers 8 ans. Le pronostic est excellent : ces épisodes ne laissent pas de séquelles et n’augmentent pas le risque d’épilepsie.

Entre-temps, quelques repères aident à vivre plus sereinement :

  • Évitez de tout céder par peur d’une crise : les limites habituelles restent valables, posées avec douceur et cohérence.
  • Accompagnez les émotions : nommer la colère ou la frustration, proposer un câlin ou une diversion avant que les pleurs ne montent aide certains enfants. Nos conseils pour apprendre aux enfants à gérer leur frustration et notre article sur les caprices et les colères vous donneront des pistes.
  • Après la crise, reprenez le cours normal de la journée, sans punition ni récompense particulière.
  • Informez les autres adultes qui gardent l’enfant (crèche, assistante maternelle, grands-parents) des gestes à adopter.

Questions fréquentes

Le spasme du sanglot est-il dangereux pour mon enfant ?

Non, c’est un trouble bénin : la respiration reprend toujours spontanément et l’épisode ne laisse pas de séquelles sur le cerveau ni sur le développement. Le principal risque est de se cogner en tombant, d’où l’intérêt de l’allonger en sécurité. Un premier épisode doit néanmoins être montré au médecin.

À quel âge le spasme du sanglot disparaît-il ?

Il apparaît généralement entre 6 mois et 4 ans et s’estompe avec l’âge. Environ la moitié des enfants n’en font plus à 4 ans, et la grande majorité vers 8 ans. Aucun traitement n’est nécessaire pour qu’il disparaisse.

Mon enfant fait-il exprès de retenir sa respiration ?

Non, le blocage respiratoire est involontaire : l’enfant ne le contrôle pas. Il est déclenché par une émotion forte ou une douleur. Inutile de le gronder, mais il n’est pas nécessaire non plus de céder à toutes ses demandes pour l’éviter.

Le spasme du sanglot est-il une forme d’épilepsie ?

Non, il ne s’agit pas d’épilepsie, même si quelques secousses peuvent survenir pendant la perte de connaissance. Il n’augmente pas le risque d’épilepsie plus tard. Un malaise sans déclencheur ou des secousses prolongées doivent en revanche faire consulter.

Faut-il donner du fer à un enfant qui fait des spasmes du sanglot ?

Uniquement si le médecin le prescrit. Il peut rechercher une anémie par manque de fer par une prise de sang, notamment si les épisodes sont fréquents. Ne donnez jamais de complément de fer de vous-même à un jeune enfant.

Mariana Anghjulina

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