- Le congé maternité dure 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant : 6 semaines avant la date prévue d’accouchement et 10 semaines après.
- Il passe à 26 semaines à partir du troisième enfant, à 34 semaines pour des jumeaux et à 46 semaines pour des triplés ou plus.
- Les indemnités journalières sont versées par l’Assurance maladie, sous conditions d’affiliation, dans la limite d’un plafond ; certaines conventions collectives maintiennent le salaire.
- Une partie du congé prénatal peut être reportée après la naissance, sur avis médical, dans la limite de 3 semaines.
Le congé maternité est un droit ouvert à toutes les salariées, ainsi qu’aux indépendantes et aux demandeuses d’emploi sous certaines conditions. Il permet de se reposer avant l’accouchement, de récupérer ensuite et de vivre les premières semaines avec son bébé sans pression professionnelle. Mais entre la durée, les dates, le report possible, les indemnités et les démarches, on s’y perd facilement. Voici l’essentiel, expliqué simplement, pour organiser vos derniers mois de grossesse et votre retour en toute tranquillité.
Combien de temps dure le congé maternité ?
La durée légale dépend du nombre d’enfants que vous attendez et du nombre d’enfants déjà à charge. Elle se décompose en un congé prénatal, avant la date présumée de l’accouchement, et un congé postnatal, après la naissance.
- Premier ou deuxième enfant : 16 semaines, soit 6 semaines avant et 10 semaines après.
- Troisième enfant ou plus (au moins deux enfants déjà à charge) : 26 semaines, soit 8 semaines avant et 18 après.
- Jumeaux : 34 semaines, soit 12 semaines avant et 22 après.
- Triplés ou plus : 46 semaines, soit 24 semaines avant et 22 après.
Ces durées sont des minimums légaux. Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient des semaines supplémentaires, souvent rémunérées : consultez la vôtre ou interrogez le service des ressources humaines. Le congé est un droit : votre employeur ne peut ni vous le refuser ni vous demander de le raccourcir. Vous pouvez en revanche renoncer à une partie, à condition de cesser toute activité au moins huit semaines, dont six après l’accouchement.
Reporter, avancer, prolonger : les aménagements possibles
Le calendrier n’est pas figé, dans certaines limites :
Report du congé prénatal. Si votre grossesse se déroule bien, vous pouvez, avec l’accord écrit de votre sage-femme ou de votre médecin, reporter jusqu’à trois semaines de congé prénatal après la naissance. Vous partez alors trois semaines avant le terme et bénéficiez de treize semaines après. En cas d’arrêt de travail pendant la période reportée, le report est annulé et le congé démarre.
Avancement du congé prénatal. À partir du troisième enfant ou en cas de grossesse multiple, une partie du congé postnatal peut être avancée avant la naissance (deux semaines pour un troisième enfant, quatre pour des jumeaux), à condition de réduire d’autant la période postnatale.
Accouchement prématuré ou tardif. Si bébé arrive avant la date prévue, la durée totale du congé n’est pas réduite : les jours non pris avant sont reportés après. Si l’accouchement a lieu après le terme, le congé prénatal est prolongé jusqu’à la naissance, sans amputer le congé postnatal. En cas de naissance très prématurée nécessitant une hospitalisation, des jours supplémentaires sont accordés.
Congé pathologique. Sur prescription médicale, deux semaines supplémentaires peuvent être accordées avant le congé prénatal (grossesse pathologique) et quatre semaines après le congé postnatal (suites de couches pathologiques). Ces périodes sont indemnisées comme un arrêt maladie ou comme le congé maternité, selon le cas.
Les indemnités journalières : combien, pour qui ?
Pendant le congé maternité, votre contrat de travail est suspendu et votre salaire remplacé par des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie. Pour y avoir droit, il faut, à titre indicatif, justifier de dix mois d’affiliation à la date prévue de l’accouchement et d’un nombre minimal d’heures travaillées ou de cotisations sur les mois précédents. Les demandeuses d’emploi indemnisées et les personnes dont le contrat s’est achevé depuis moins de douze mois peuvent aussi en bénéficier.
Le montant correspond au salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des trois derniers mois de salaire, après déduction d’un taux forfaitaire de cotisations, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Il existe un montant maximum journalier, réévalué chaque année ; les chiffres exacts sont publiés sur ameli.fr. Beaucoup de conventions collectives prévoient un maintien du salaire par l’employeur, qui perçoit alors les indemnités à votre place (subrogation). Pour les travailleuses indépendantes, l’indemnisation combine une allocation forfaitaire de repos maternel et des indemnités journalières, sous condition de cesser l’activité au moins huit semaines. Les fonctionnaires conservent leur plein traitement.
Ces indemnités sont versées tous les quatorze jours et sont soumises à l’impôt sur le revenu. Elles ne dispensent pas d’anticiper : un mois de décalage entre le dernier salaire et le premier versement est fréquent, prévoyez-le dans votre budget.
Les démarches, étape par étape
Le congé maternité s’organise en amont, sans formalisme excessif :
- Déclarer la grossesse avant la fin du troisième mois à l’Assurance maladie et à la CAF, via le professionnel qui assure votre suivi. Cette déclaration ouvre vos droits et fixe la date présumée d’accouchement, base de calcul du congé.
- Informer votre employeur, par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge, en indiquant les dates prévues du congé et en joignant un certificat médical. Aucune date limite légale n’est imposée, mais plus tôt vous le faites, plus votre protection contre le licenciement est solide et plus votre employeur peut s’organiser.
- Envoyer une attestation de salaire : c’est l’employeur qui la transmet à la caisse d’Assurance maladie au début du congé pour le calcul des indemnités.
- Après la naissance, transmettre l’acte de naissance à votre caisse et à la CAF, et informer l’employeur de la date réelle d’accouchement si elle modifie la fin du congé.
Pendant toute la grossesse, vous bénéficiez d’autorisations d’absence rémunérées pour les examens médicaux obligatoires, et d’une protection contre le licenciement qui se prolonge dix semaines après la fin du congé. Vous pouvez également, sur avis médical, être affectée temporairement à un autre poste si le vôtre présente des risques. C’est souvent en séance de préparation à la naissance que les futures mamans comparent leurs dates et leurs organisations : un bon moment pour vérifier que rien n’a été oublié.
Et le co-parent ? Le congé de paternité et d’accueil
Le second parent dispose de ses propres droits : trois jours de congé de naissance financés par l’employeur, puis un congé de paternité et d’accueil de l’enfant de 25 jours (32 jours pour une naissance multiple), indemnisé par l’Assurance maladie dans des conditions proches du congé maternité. Une période de quatre jours, prise immédiatement après le congé de naissance, est obligatoire ; le reste peut être fractionné et pris dans les six mois suivant la naissance. Ce congé permet de partager les premières semaines, de soutenir la maman pendant le post-partum et de créer un lien précoce avec le bébé. À l’issue des congés, pour un enfant né depuis le 1er janvier 2026, chaque parent peut prendre un congé supplémentaire de naissance d’un ou deux mois, en vigueur depuis le 1er juillet 2026 et indemnisé par la Sécurité sociale ; chacun peut aussi solliciter un congé parental d’éducation, avec une prestation de la CAF sous conditions.
Profiter du congé prénatal en prenant soin de vous
Les semaines qui précèdent l’accouchement sont précieuses. Elles servent à se reposer, à préparer la chambre et la valise de maternité, à terminer les séances de préparation et à écouter son corps. C’est aussi une période où l’on devient plus attentive aux mouvements de bébé pendant la grossesse : ils restent un excellent indicateur de son bien-être, et toute diminution nette doit vous conduire à contacter la maternité. Pour tous les autres repères de ces derniers mois, des examens du neuvième mois aux signes du départ, notre guide complet de la grossesse vous accompagne jusqu’à la rencontre.
En cas de doute, à qui s’adresser ?
Pour les questions administratives, votre caisse d’Assurance maladie (via votre compte ameli) et la CAF (caf.fr) restent les interlocuteurs de référence, tout comme service-public.fr pour les textes à jour. Pour les questions liées à votre santé, à un éventuel congé pathologique ou au report du congé prénatal, c’est votre sage-femme ou votre médecin qui décide, en fonction de votre état et de celui de votre bébé. Ne prolongez jamais votre activité contre leur avis : le congé maternité existe précisément pour protéger votre santé et celle de votre enfant.
FAQ
Quelle est la durée du congé maternité pour un premier enfant ?
Seize semaines : six semaines avant la date présumée de l’accouchement et dix semaines après. La durée est plus longue à partir du troisième enfant (26 semaines) et en cas de naissance multiple (34 ou 46 semaines).
Peut-on reporter une partie du congé prénatal après la naissance ?
Oui, jusqu’à trois semaines, avec l’accord écrit de votre sage-femme ou de votre médecin. Le congé postnatal est alors allongé d’autant. Un arrêt de travail pendant la période reportée annule le report.
Comment est calculée l’indemnité du congé maternité ?
À partir de la moyenne de vos trois derniers salaires, après déduction d’un taux forfaitaire, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Les montants exacts, réévalués chaque année, sont indiqués sur ameli.fr. Certaines conventions collectives maintiennent le salaire.
Quand prévenir son employeur de son congé maternité ?
Aucun délai légal n’est fixé, mais il est conseillé de le faire dès que possible, par écrit, avec un certificat médical précisant la date prévue de l’accouchement et les dates du congé.
Pour bien utiliser ces semaines, découvrez comment se déroulent les séances de préparation à la naissance et apprenez à écouter les mouvements de votre bébé au fil des derniers mois.
Sources : Ameli (congé maternité, indemnités journalières, congé de paternité), service-public.fr (durée et report du congé maternité, protection de la salariée enceinte), CAF, ministère du Travail. Montants et durées à vérifier sur ces sites, la réglementation pouvant évoluer.
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